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Rejet des comptes : scénario catastrophe à l'UMP

[Info juste 7J/7 GL9News.com - Vendredi 5 Juillet 2013 - 0 Commentaire| Lu 391 fois |

Depuis la fin de décembre et le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), l'UMP vivait sous le couperet de la décision du Conseil constitutionnel, saisi par M. Sarkozy en janvier. Mais le scénario catastrophe a fini par arriver : les "sages" ont confirmé jeudi 4 juillet le rejet des comptes de campagne de l'ancien président.



Rejet des comptes : scénario catastrophe à l'UMP
La polémique n'est pas nouvelle, puisque pendant la campagne de 2012 les partisans de François Hollande et ceux de Nicolas Sarkozy s'étaient déjà opposés sur cette question, les premiers reprochant au candidat UMP de "faire campagne aux frais de l'Etat, donc du contribuable". Les socialistes avaient même saisi la commission des comptes de campagne.

■Démission de Nicolas Sarkozy

Cette décision des "sages" a conduit Nicolas Sarkozy à démissionner immédiatement du Conseil Constitutionnel – dont il est membre de droit et à vie en tant qu'ancien président de la République –, afin de "retrouver sa liberté de parole".

Avant lui, seul Vincent Auriol avait démissionné de l'instance, le 25 mai 1960, avant de revenir y siéger le 6 novembre 1962. La légitimité du siège de Nicolas Sarkozy parmi les "sages" avait déjà été mise en question à plusieurs reprises, notamment après sa mise en examen pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt.

Les comptes de M. Sarkozy ont été rejetés en raison du trop grand nombre d'irrégularités qu'ils comportaient. Dans son communiqué, le Conseil constitutionnel expose ainsi le détail des dépenses que Nicolas Sarkozy aurait dû faire figurer dans ses comptes de campagne.

Suivant la CNCCFP, le Conseil constitutionnel a notamment épinglé le grand meeting de Villepinte du 11 mars 2012, qui avait coûté 3,042 millions d'euros. Il a estimé que 80 % des frais auraient dû être portés au compte de campagne de M. Sarkozy, et non 50 % comme cela a été fait. Le candidat UMP a plaidé en vain que le meeting de Villepinte avait été précédé le matin d'un Conseil national extraordinaire de l'UMP.

De même, auraient dû être réintégrés au compte de campagne les sommes engagées pour la réunion publique de Toulon (coût : 155 715 euros) le 1er décembre 2011, en raison de son "caractère électoral", selon le Conseil. Le juge électoral suprême relève notamment, à l'appui de cette thèse, "l'implication de l'UMP dans cette manifestation".

■Mauvaise passe financière pour l'UMP

L'UMP va donc devoir se passer des 11 millions d'euros que l'Etat aurait dû lui rembourser, dans le cadre du financement de la moitié des dépenses des candidats à la présidentielle qui obtiennent plus de 5 % des voix au premier tour. De plus, M. Sarkozy doit restituer au Trésor public l'avance forfaitaire de 153 000 euros qui lui avait été versée. Il s'agit d'une très mauvais nouvelle pour un parti endetté à hauteur de 44 millions d'euros en 2011. Avec le rejet des comptes de M. Sarkozy, le découvert devrait s'élever à près de 46 millions d'euros.

Cela n'a pas empêché François Fillon, ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, d'appeler sa famille politique à "assumer de manière solidaire les conséquences financières" du rejet de ces comptes. Une initiative suivie par le chef de l'UMP, Jean-François Copé, qui a annoncé le lancement d'une "grande souscription nationale".


En réaction, Brice Hortefeux, porte-parole officieux de Nicolas Sarkozy, a interprété cette décision du Conseil constitutionnel comme une nouvelle preuve de l'acharnement politique contre M. Sarkozy. "C'est une décison totalement injuste, qui démontre une nouvelle fois la volonté d'asphyxier par tous les moyens une personnalité qui gêne", a-t-il déclaré au Monde.


Le mot d'ordre a été repris par le député UMP Henri Guaino. Le proche de Nicolas Sarkozy a dénoncé jeudi soir sur BFMTV un "climat de chasse au Sarkozy", où "tout le monde s'acharne" contre l'ancien président. "Ça doit être un rival extraordinairement dangereux pour qu'on s'acharne à ce point contre lui", a-t-il dit. Interrogé d'autre part sur la décision de Nicolas Sarkozy de démissionner du Conseil constitutionnel, Henri Guaino a répondu : "Il n'y siégera plus et il retrouve donc la liberté de s'exprimer (...) On verra l'usage qu'il en fait mais je suppose qu'il doit avoir une idée de ce qu'il en fera".
■Première invalidation des comptes d'un président

C'est la première fois qu'un candidat accédant au second tour d'une élection présidentielle, ancien président de la Ve République qui plus est, voit son compte de campagne rejeté. Seuls des petits candidats avaient été ainsi sanctionnés dans le passé. Il n'y a que deux précédents connus d'annulation des comptes de campagne : le cas de Jacques Cheminade en 1995, dont les comptes avaient été rejetés par le Conseil constitutionnel, alors chargé de leur validation, car il avait, selon les "sages", déguisé en prêts familiaux des dons de personnes physiques ; et celui de Bruno Mégret en 2002, qui avait mobilisé des employés municipaux de Vitrolles pour envoyer des documents de campagne.

En 1995, le Conseil constitutionnel, présidé alors par Roland Dumas, avait choisi de valider les comptes de campagne d'Edouard Balladur, malgré l'avis négatif du rapporteur, qui avait constaté de très nombreux points ambigus, et notamment la présence suspecte de 10,25 millions de francs en liquide, versés le 26 avril 1995 sur le compte du candidat. Les familles des victimes de l'attentat de Karachi soupçonnent ces fonds de provenir de rétrocommissions illégales versées pour la vente de sous-marins au Pakistan. La raison invoquée : afin de ne pas "remettre en cause la démocratie" et l'élection du président.

Source : lemonde.fr

Vendredi 5 Juillet 2013
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