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Pour la résolution du conflit actuel qui met en danger le pays

l'info réelle 7J/7 - Martin Edzodzomo Ela le Vendredi 4 Août 2017 à 00:00 | Lu 974 fois




« Et si le bonheur et le malheur des sociétés, de par le monde, étaient surtout fonction de leur capacité à traiter correctement les conflits qui les traversent ? Cette capacité provient d’un long exercice, qui ne peut se faire que sous la pression d’une orientation profonde du noyau éthique qui se trouve au cœur des cultures des sociétés. La manière de traiter la conflictualité varie selon les pays. On peut dire que les récentes de la situation politique de notre pays, auraient pu être une occasion pour changer la culture de conflit et de la négociation, formalisée à l’occidentale, pour mettre en pratique le noyau éthique qui se trouve au cœur de notre société bantou gabonaise. »

Un grand ami de l’Afrique, Edgar Pisani, homme d’État français, exhortait en son temps, les Africains à rechercher des voies appropriées pour édifier des États démocratiques sur leur continent. Il écrivait en 1992, dans le n° 2 de la Revue Perspectives africaines : - « On voit s’élaborer des constitutions calquées sur le modèle occidental, sans souci du fait qu’une constitution n’est pas seulement un cadre juridique, mais la règle qu’un pays adopte, compte tenu de sa réalité géographique, historique et culturelle.

On ne voit pas plus naître u n modèle africain d’organisation démocratique, qu’un modèle africain d’aménagement urbain. Il faudra que les Africains veillent à ce que les régimes nouveaux – et là sera une grande part de leur vertu démocratique – n’adoptent pas des structures, des procédures et des pratiques qui soient contradictoires avec la réalité humaine ; il faudra qu’ils inventent et fassent adopter, par tous, des manières de faire, des règles du jeu, des lois qui se démarquent tout à la fois de l’idéologie marxiste, que chacun fait mine d’oublier, et l’idéologie libérale, dont chacun jure respecter les exigences... Le libéralisme est une invitation à l’aventure, alors que la lente conquête de la liberté et des droits de l’homme ouvre de belles perspectives... ».

En prenant la voie formelle d’un pseudo dialogue, pour tenter de résorber la crise issue du scrutin présidentiel du 27 août 216, Ali Bongo Ondimba, vient de manquer la maîtrise du tournant de l’histoire politique, par un échec lamentable à organiser des assises appropriées à notre culture de la « palabre » pour traiter la conflictualité dans nos sociétés traditionnelles.

Dans l’une de mes publications concernant ce « Dialogue » annoncé par Ali Bongo Ondimba, je proposais des indications suivantes, puisées justement de notre culture traditionnelle de « Règlement des conflits », à savoir : « Dialogue nationale : Emetteur et Récepteur. - Comme toutes communications, le dialogue comprend au minimum un émetteur et un récepteur. Cependant, le dialogue se distingue dans le processus qui unit ces deux protagonistes. Alors que la donnée émise est le message, le but du message est l'objectif de la communication ; dans un dialogue véritable, le but n'est donc pas le sujet de l'énoncé, il ne s'agit pas d'avoir raison du récepteur ni de lui imposer un point de vue cognitif, une perspective ou référence.

Ainsi, par un code constituant un langage qui peut être verbal ou non verbal, une parole est contenue dans le message et transmise dans la communication, afin d'être décodée et reçue par le destinataire, puis de lui signifier quelque chose qui a du sens dans sa propre existence. Le dialogue appelle donc à ce que les acteurs de la communication soient transformés dans leur être, en toute liberté ; l'écoute active, l'humilité sincère et le respect mutuel y sont donc nécessaires.

Je concluais mes réflexions en écrivant : « Nous sommes appelés dans la circonstance, à «un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune» , selon Ali Bongo Ondimba. Précisons qu’il s’agit pour la circonstance d’ « un dialogue politique ».
Après avoir soutenu la nécessité du « Dialogue » et s’agissant d’un « dialogue national », j’ai évoqué dans mes interventions, que ce qu’il faut :

C’EST DES ASSISES POUR REFONDER L’ETAT GABONAIS ET RECONSTRUIRE LA MORALE PUBLIQUE SUR DES VALEURS SAINES. Une organisation appropriée pour célébrer le retrait de deuil du système PDG. BONGO s’impose pour exorciser la malédiction du demi-siècle du règne de Mammon, avec la prééminence des désirs de la chair. Il faut dire que le politique gabonais est englué dans la gestion du quotidien [des désirs de la chaire : - dont le Gabonais a fait la priorité de sa vie : Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables.

C’est à quoi a conduit la politique du ventre dans notre pays ; faisant de celui-ci le pays de toutes les abominations résultant des œuvres de la chair, qui sont manifestes dans notre pays, à savoir : l'impudicité, l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Ajoutés à cela, les crimes économiques et les crimes de sang dits « crimes rituels », tous impunis. Ce qui fait dire que le Gabon a dépassé en abominations, les villes bibliques de Sodome et Gomorrhe. Un pays béni des dieux, qui est tombé dans les mains du diable. Comme quoi, peu sont désormais convaincus que les assises convoquées par Ali Bongo aient servi à grand-chose. D’autres, plus critiques, assurent, deux mois après sa clôture, que le dialogue politique national a déjà consommé son échec.

Et voilà que c’est de nouveau vers l’extérieur, que nos protagonistes de la crise électorale se tournent, pour sortir de l’impasse actuelle. Alors que la capacité propre dans notre culture traditionnelle de règlement de conflits, qui provient d’un long exercice, et s’effectuait sous la pression d’une orientation profonde du noyau éthique qui se trouve au cœur de nos cultures ancestrales, n’a pas été tentée. Il faut se dire qu’à l’instar de notre pays,


Aucune société d’ailleurs n’est aujourd’hui à l’abri des déchirures sociales, ni plus généralement de cette conflictualité diffuse, tantôt explosive sinon violente, tantôt sourde et faite d’humiliations, de mépris, de rancœur. On peut poser ici comme hypothèse, que cela tient d’abord au fait que dans la société gabonaise d’aujourd’hui, les conflits ne sont pas vraiment reconnus, que souvent on ne cherche pas à les formuler objectivement afin de les comprendre : il ya des conflits dominants qui font taire les autres, et se grossissent de ce qu’ils occultent; alors que, parfois ou souvent les uns par rapport aux autres peuvent être causals.


ARRÊTONS DE FUIR LE CONFLIT !

Laurence Lemoine Rédactrice en chef adjointe chez Psychologies Magazine - ‎psychothérapeute en libéral, écrit dans le Magazine l’article «Arrêtons de fuir le conflit », que je cite in extenso.
La confrontation et la violence qu’elle peut engendrer font peur. Pour la thérapie sociale, accepter l’affrontement est pourtant la seule manière de restaurer nos liens. Mode d’emploi.

Aujourd’hui, le conflit est indispensable dans la vie relationnelle, car plus rien ne va de soi. Qu’il s’agisse des relations entre hommes et femmes, entre parents et enfants, entre patrons et collaborateurs, entre voisins – dont les codes de civilité diffèrent –, les normes ont tellement évolué que l’on ne parvient plus à s’entendre en s’adossant à des règles communes. « Tous ces changements engendrent de la violence, car nous n’avons pas appris à entrer en conflit. Nous ne l’avons pas appris, parce que c’est un besoin nouveau. Et parce que nous avons tendance à confondre le conflit et la violence, si bien que nous n’osons pas entrer en conflit par peur qu’il ne dégénère. Mais c’est précisément cet évitement qui sépare les couples, oppose les générations, empêche l’intelligence collective en entreprise et attise la haine entre communautés », estime Charles Rojzman. Pour l’inventeur de la thérapie sociale, apprendre le conflit suppose de passer par trois étapes.

1. Je m'oppose sans être violent

Savez-vous gérer les conflits ? Face aux tensions, il y a ceux qui choisissent de discuter calmement et ceux qui préfèrent s'affronter. Ceux qui fuient toute discorde et ceux qui engrangent la souffrance. Et vous, comment faites-vous ? -Il y a de la violence lorsque je me représente l’autre, auquel je m’oppose, comme entièrement mauvais ou inférieur à moi, lorsque je ne le considère pas comme mon égal en valeur et en droits. Et lorsque, dans mes propos ou mes attitudes, je vais l’agresser, l’humilier, le culpabiliser ou l’abandonner, c’est-à-dire le traiter avec indifférence ou me détourner de la conversation. Identifier la violence est parfois difficile, car elle peut être subtile, s’exprimer en douceur. On peut humilier, culpabiliser, abandonner sans jamais élever la voix, et même avec le sourire.

Inversement, le conflit peut s’exprimer avec colère et agressivité, dans les cris et les éclats de voix, sans pour autant que l’on cesse de considérer l’autre comme son égal. Une fois que l’on a compris la différence entre la violence et le conflit, on va pouvoir reconnaître sa propre violence : quand on méprise l’autre, quand on le dévalorise, quand on essaie de le dominer, quand on nie son existence ou sa souffrance. De la même manière, on va pouvoir reconnaître si l’autre est violent ou pas. S’il l’est, nous pourrons refuser une discussion violente. Et s’il ne l’est pas, accepter le conflit, c’est-à-dire accepter d’entrer en désaccord.

2. Notre désaccord a un intérêt

Pour mieux vivre ensemble – c’est le postulat de la thérapie sociale –, il ne s’agit pas d’éradiquer le conflit, mais de parvenir à transformer la violence en conflit. Cela se vérifie dans toutes les situations de la vie quotidienne : lorsque la violence s’installe, c’est que les gens ont besoin d’entrer en conflit mais ne le savent pas, ou ne savent pas comment s’y prendre. Donc il s’agit de « motiver » l’autre à le faire, en lui montrant l’intérêt du désaccord : chaque point de vue est un morceau du puzzle ; les mettre en regard permet de comprendre le problème dans sa complexité. C’est pour cela que chacun a intérêt à la confrontation pour résoudre le problème qui le fait souffrir.

3. Je respecte mon ennemi

Pour permettre le bon déroulement du conflit, il ne s’agit pas de suivre une procédure donnée ni d’adopter un vocabulaire adéquat. Il y a à créer un climat de confiance dans lequel l’autre sent qu’il pourra se montrer et dire ce qu’il pense sans crainte. Ce climat résulte de notre propre posture et de ce qu’elle exprime : que l’on veut maintenir le lien ; qu’on ne va pas l’abandonner en pleine dispute ; qu’on ne va pas le dévaloriser, l’agresser ; qu’on le respecte, à défaut d’être d’accord avec lui ou de l’aimer. Il faut ressentir cette posture, réellement. Et, si possible, l’exprimer : « J’ai envie qu’on trouve une solution » ; « Ce que tu penses a de la valeur à mes yeux, même si je ne suis pas d’accord ». Sans cela, il ne peut y avoir de confiance, et la violence demeure, car on continue de voir en l’autre un monstre (un bourreau, un imbécile…), et réciproquement.

POUR LA RÉSOLUTION DU CONFLIT

Ces trois étapes nécessaires pour s’atteler ensemble à la résolution d’un conflit semblent simples. Elles ne le sont pas. Motiver l’autre à entrer en désaccord quand on a envie de trouver une solution et qu’on l’aime est assez aisé. Mais quand la violence est installée, quand la crise dure, quand le silence sépare, la difficulté est d’aller vers celui que l’on vit alors comme un ennemi, dans une situation que l’on croit désespérée. S’efforcer de passer d’abord soi-même par ces trois étapes peut nous aider à sortir de l’évitement pour aller vers l’autre : reconnaître sa propre violence (mes mots étaient culpabilisants, mon attitude méprisante, il ne pouvait que mal réagir) ; penser au bénéfice que l’on poursuit (éviter la rupture, être plus heureux ensemble) ; trouver en soi la confiance pour engager la discussion.

Ce dernier point suppose de s’aimer soi-même, sans se dévaloriser, sans se culpabiliser de ce qui s’est produit. De s’accepter tel qu’on est à ce moment-là, avec sa haine, son désarroi, son impuissance. L’amour de soi est un ressort essentiel de la transformation de la violence en conflit. Car, ce qui conduit la plupart des gens à être violents avec l’autre – c’est-à-dire à le voir mauvais –, c’est la difficulté de s’accepter eux-mêmes avec leurs imperfections et le besoin de rejeter la faute sur l’autre, pour continuer de se croire irréprochables.

« Partout où il y a conflit, partout où vous êtes en face d'un opposant, triomphez de lui par l'amour. »
Gandhi ; Lettres à l'Ashram (1937)



Vendredi 4 Août 2017
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