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Le prophète se distingue d’abord par son refus de rester neutre devant le mal.

[Info juste 7J/7 GL9News.com - Dimanche 18 Août 2013 - 0 Commentaire| Lu 318 fois |



Le prophète se distingue d’abord par son refus de rester neutre devant le mal.
20e dimanche ordinaire/C : Jr 38, 4-6, 8-10 ; He 12, 1-4 et Lc 12, 49 -53

De tout temps, les prophètes ont suscité des réactions violentes et des oppositions farouches. C’est le cas de Jérémie dans la première lecture. Pour avoir mis les siens en garde contre les vanités, illusions et fausses paix d’ici-bas, pour avoir mis en lumière la double vie du peuple juif qui se disait religieux tout en s’accommodant de l’injustice, de l’exploitation du pauvre, de l’accumulation des richesses, de l’oppression et de la prosternation devant des idoles, pour s’être attaqué aux faux prophètes qui caressaient le roi dans le sens du poil, il sera effectivement perçu comme un “homme de dispute et de querelle” qui ne mérite que la mort.

Pourquoi avait-il accepté de parler au nom de Dieu si c’est pour être persécuté ? Ne mettait-il pas sa vie en danger? N’aurait-il pas mieux fait de se marier? Jérémie se posait toutes ces questions. Mais plus il s’interrogeait, plus il devenait inquiet et découragé. Il était si déprimé qu’il songeait de plus en plus à “suivre à l’écart un plus doux sentier”. Mais l’amour de la vérité était plus fort chez lui. La parole de Dieu agissait dans son cœur comme “un feu dévorant”. Alors, Jérémie continua de transmettre le message du Seigneur à temps et à contretemps.

Le prophétisme s’est-il arrêté avec Jérémie? Non car, ici ou là en effet, des hommes et des femmes se sont levés pour combattre le mensonge, la violence, l’injustice, l’oppression, la discrimination, le non-respect des droits de l’homme. S’ils n’ont pas été assassinés, ces nouveaux prophètes ont été dénigrés, humiliés, incarcérés ou contraints à l’exil. Souvenons-nous, entre autres, de Gandhi (Inde), de Martin Luther King (USA), de Mgr Oscar Romero (Salvador), d’Anouar El Sadate (Égypte), de Mgr Helder Camara (Brésil), de Nelson Mandela qui passa 27 ans de sa vie en prison pour s’être opposé à l’Apartheid en Afrique du Sud.

Qu’il soit d’hier ou d’aujourd’hui, le prophète se distingue d’abord par son refus de rester neutre devant le mal. Pour lui, il est impossible de se taire devant tout ce qui blesse l’humain. Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous fait remarquer que nous devons prendre positon : ou bien le suivre ou bien ne pas marcher avec lui. C’est en cela qu’il est facteur de division. Certains ont effectivement accueilli sa parole tandis que d’autres comme les prêtres, les experts religieux, les croyants pieux et les défenseurs de la Loi n’ont pas apprécié d’être contredits et secoués. Pour le réduire au silence, ces derniers le livrèrent à la mort.

Mais, par sa résurrection, il triompha de la mort, de la haine et de la violence. Désirant être aimés de tout le monde, beaucoup d’entre nous évitent de se prononcer sur tel ou tel sujet car prendre position risquerait de leur faire perdre l’amitié ou l’estime de telle ou telle personne. Pour Paul, ce n’est qu’illusion car même Jésus n’a pas eu tout le monde dans son camp. Des gens lui étaient ouvertement hostiles. Si l’apôtre nous invite à “méditer l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité”, c’est pour nous dire que nous ne devons pas rêver d’une vie chrétienne tranquille et que, si nous voulons être fidèles au Christ, il est normal que tout le monde ne soit pas d’accord avec nous, y compris dans l’Église. J’ajouterais que ce n’est pas la persécution, l’hostilité, l’opposition ou le rejet de la part de certaines personnes qui devrait nous inquiéter mais l’approbation ou les applaudissements de tous.

Car cela signifierait que nous nous sommes compromis avec le monde au sens où saint Jean emploie ce terme. Or nous avons été créés pour plaire non pas au monde mais à Dieu car c’est Lui, et Lui seul, qui nous jugera au soir de notre vie. Plutôt qu’aux hommes, c’est à Lui que nous devons obéir. Cela veut dire que, quand l’homme est écrasé, torturé, opprimé, exploité ou méprisé, nous devons affirmer comme Pierre et ses compagnons: “Non possumus non loqui (Nous ne pouvons pas ne pas parler)”.

Jean-Claude DJEREKE

Dimanche 18 Août 2013
GL9News.com
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