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Le Gabon d'Ali Bongo : Du dialogue politique en vue !

[Info juste 7J/7 Martin Edzodzomo Ela - Mercredi 25 Janvier 2017 - 0 Commentaire| Lu 1836 fois |



Le Gabon d'Ali Bongo : Du dialogue politique en vue !
Chers compatriotes,
À peine déclaré élu par la Cour constitutionnelle, le 23 septembre 2016 dans la nuit, a l’issue de l’examen du contentieux électoral relatif au scrutin présidentiel du 27 août, Ali Bongo Ondimba est apparu à la télévision nationale pour appeler à «un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune».
Je propose par la présente publication, une réflexion sur le concept « dialogue », en prévision des assises auxquelles le Président Ali Bongo Ondimba convie la Nation gabonaise.

Le « Dialogue ».
Comme toutes communications, le dialogue comprend au minimum un émetteur et un récepteur. Cependant, le dialogue se distingue dans le processus qui unit ces deux protagonistes. Alors que la donnée émise est le message, le but du message est l'objectif de la communication ; dans un dialogue véritable, le but n'est donc pas le sujet de l'énoncé, il ne s'agit pas d'avoir raison du récepteur ni de lui imposer un point de vue cognitif, une perspective ou référence. Ainsi, par un code constituant un langage qui peut être verbal ou non verbal, une parole est contenue dans le message et transmise dans la communication, afin d'être décodée et reçue par le destinataire, puis de lui signifier quelque chose qui a du sens dans sa propre existence. Le dialogue appelle donc à ce que les acteurs de la communication soient transformés dans leur être, en toute liberté ; l'écoute active, l'humilité sincère et le respect mutuel y sont donc nécessaires.

Précisons qu’il s’agit pour la circonstance d’ « un dialogue politique ». À ce titre permettez-moi de vous demander d’évoquer une fois de plus avec vous, ce concept dit « Politique », pour nous assurer si nous parlons de la même chose dans ce dialogue.

1. Qu’est-ce que la politique ?

La « Politique » provient du grec “polis”, la Cité, et “techné”, la Science : la politique se définit comme une science du gouvernement de la cité. Comme science théorique, la politique est la science de l'idéal ou de la doctrine à partir desquels le gouvernement doit régler son action.
• La politique serait diabolique.
On pourrait en effet dire que la politique est diabolique, au sens premier du mot. En effet, parmi les trois tentations que le Christ a affrontées au désert se trouve celle du pouvoir politique. Le diable emmène Jésus sur une haute montagne et lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes car elle m’a été remise et je la donne à qui je veux. Si tu te prosternes devant moi, elle sera pour toi. »
Dire que le pouvoir politique est diabolique, c’est dire qu’il est une « puissance spirituelle » qui influence tout individu plus que ce que nous voulons l’avouer. Notre rapport au pouvoir politique n’est pas transparent, nous sommes travaillés de l’intérieur par un rapport contradictoire avec le pouvoir politique et son désir de domination.
Dans la Bible cette « puissance spirituelle » majeure porte deux noms : le diable, diabolos, qui est étymologiquement celui qui divise, qui désunit ; et le Satan, qui signifie l’accusateur. Il est facile de relire notre actualité politique sous le registre de la division et de l’accusation.
De ce point de vue, la politique serait le lieu de la division, de l’accusation, de la domination, de la fin qui justifie les moyens. D’où une certaine idée qui s’est répandue, à savoir que la politique serait diabolique

2. La finalité de la politique.

Pour le grand écrivain russe ; Soljenitsyne : « Nul ne peut ignorer la politique tant elle régit la vie commune et la chose publique.- Pour les gens qui ne connaissent pas de sphère supérieure, le pouvoir est un poison cadavérique. Rien ne peut les sauver de sa contagion.»
En effet, la politique est une œuvre collective, permanente, une grande aventure humaine. Elle a des dimensions sans cesse nouvelles et élargies. Elle concerne à la fois la vie quotidienne et le destin de l’humanité à tous les niveaux. L’image qu’elle a dans notre société (la société gabonaise) a besoin d’être revalorisée. Elle est une activité noble et difficile. Les hommes et les femmes qui s’y engagent, ainsi que tous ceux et celles qui veulent contribuer au « vivre ensemble », méritent notre encouragement. Ainsi la politique a une finalité. La politique est essentielle. Une société qui la mésestime se met en péril. Il est urgent de la réhabiliter et de repenser en tous domaines (éducation, famille, économie, écologie, culture, santé, protection sociale, justice...) un rapport actif et valorisant entre la politique et la vie quotidienne des citoyens dans notre pays.

• Réaliser le vivre ensemble

La politique a en effet comme ambition de réaliser le « vivre ensemble » de personnes et de groupes qui, sans elle, resteraient étrangers les uns des autres. « Ceux qui soupçonnent la politique d’infamie s’en font une idée courte... L’action politique a un fantastique enjeu : tendre vers une société dans laquelle chaque être humain reconnaîtrait en n’importe quel autre être humain son frère et le traiterait comme tel. »

• Poursuivre le bien commun

L’organisation politique existe par et pour le bien commun, lequel est plus que la somme des intérêts particuliers, individuels ou collectifs, souvent contradictoires entre eux. Elle « comprend l’ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s’accomplir plus complètement et plus facilement ». Aussi doit-elle être l’objet d’une recherche inlassable de ce qui sert au plus grand nombre, de ce qui permet d’améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles. Elle se doit de prendre en compte non seulement l’intérêt des générations actuelles, mais également, dans la perspective d’un développement durable, celui des générations futures.

• Maîtriser la violence

La violence est au cœur de la condition humaine. L’un des buts de la politique est de la maîtriser partout où elle est présente : délinquance, criminalité, injustice flagrante, conflit d’intérêt, guerre renaissante, menace pour la paix intérieure ou extérieure. Afin de sortir de l’animalité de la violence brute, la politique réserve à l’Etat le monopole de la contrainte physique légitime et contrôlée. Elle cherche à substituer à cette violence individuelle le droit et la parole. Elle met en place des institutions et des procédures de médiation qui préservent l’homme lui-même de ses propres dérives, en particulier en cherchant un juste équilibre entre autorité judiciaire et pouvoir politique, pour assurer la liberté de chaque citoyen.

Ainsi pourront vivre ensemble et se reconnaître comme êtres égaux et différents, dans la sécurité assurée, des citoyens et des citoyennes que distinguent, et souvent opposent, le sexe, l’âge, la classe sociale, l’origine, la culture, les croyances. La politique est en quelque sorte « englobant majeur » des différents secteurs de la vie en société : économie, vie de famille, culture, environnement. Elle est en tout, mais n’est pas tout. On tomberait vite dans le totalitarisme si l’Etat prétendait assumer la charge directe de l’ensemble des activités quotidiennes.
Le mobile de l’action politique se nourrit d’une posture de compréhension. La politique devient alors une culture. De la culture : un savoir, changer le cours des choses sans que personne ait été humilié. C’est pourquoi, il faut valoriser la politique

3. IL faut valoriser la politique.

La noblesse de l’engagement politique est indéniable. Les abus qui existent ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt de tous ceux qui, animés par le souci de la justice et de la solidarité, se dépensent pour le bien commun et conçoivent leur activité comme un service et non comme un moyen de satisfaire leur ambition personnelle. Dénoncer la corruption, ce n’est pas condamner la politique dans son ensemble, ni justifier le scepticisme et l’absentéisme à l’égard de l’action politique. Dans les sociétés contemporaines, le vivre ensemble, qui est l’ambition de l’organisation politique, se définit de plus en plus sous l’idéal démocratique. En effet, les sociétés humaines ont toujours aspiré à atteindre un niveau supérieur de civilisation.

Un tel résultat dépend certes des connaissances et des techniques qui permettent aux hommes de maîtriser leur milieu physique, mais il dépend avant tout des valeurs en fonction desquelles les hommes choisissent de vivre. Ce qui caractérise une civilisation, ce sont les valeurs que les hommes choisissent, c’est le succès ou l’échec dans leur effort pour les atteindre. Dans cette démarche, le gouvernement qui est l’émanation de l’organisation politique d’une nation joue un rôle central et nécessaire. Le dessein fondamental de l’Etat est d’ordre moral : contribuer à la civilisation humaine à travers l’activité politique. C’est alors que la politique doit être d’essence démocratique.

4. La politique comme vocation.

L’une des sources de la modernité politique a été classiquement rapportée, non seulement à la réaffirmation par Machiavel de l’être politique de l’homme, mais à ce mouvement qu’on appelle «l’humanisme civique » et qui est né dans l’Italie de la Renaissance : il définit l’homme comme un être essentiellement politique qui ne peut accomplir l’excellence de sa nature que dans le « vivre-ensemble », autrement dit dans sa condition de citoyen.

Redécouvrant la Vita activa (le vivre civile) et la dignité d’agir, l’humanisme civique s’inscrit en réaction contre le primat de la vie contemplative (théorétique) propre au christianisme et à la scolastique médiévale. Pour les peseurs de la Renaissance, le cosmos antique et l’ordre médiéval hiérarchisé se sot effondrés, il n’est plus question d’inscrire la polis dans l’ordre des communautés naturelles. Il reste alors que l’idée que l’homme est foncièrement un être politique dont la vocation est d’actualiser sa nature dans la participation active aux affaires de la cité. Cet affrontement avec la contingence prend chez des peseurs comme Machiavel, la forme d’un rapport de la vertù (la vertu politique) à la nécessité. L’acteur politique est aux prises avec la nécessité.

Traversé par l’un des versants de la sécurisation – celui qui affranchit la cité terrestre de l’ordre naturel -, ce geste de refondation propre à l’humanisme civique renaissant est incontestablement l’une des sources majeures de la modernité. On peut donc émettre l’hypothèse que, devenu auteur et responsable de sa propre histoire, l’homme s’assigne pour tâche d’œuvrer politiquement à la révélation de la vérité de l’ici-bas, autrement dit à la réformation radicale de ce monde. Ce qui amène à considérer une autre filiation et un autre mode de la conscience civique, issus essentiellement de la Réforme protestante plus que de la tradition du catholicisme.

Malheureusement dans la pratique.

Le pouvoir politique a une logique qui conduit à perdre ce pour quoi il est fait (le service du bien) pour ne chercher qu’à augmenter ses prérogatives de puissance de domination. Il nous suffit de regarder l’actualité politique des pays africains donc le notre, pour voir plusieurs exemples d’hommes qui s’accrochent au pouvoir pour conserver des prérogatives et des droits indûment acquis, et non pour être au service de la communauté.

La question que je voudrais esquisser, qui me trouble le plus profondément, et que je souhaite être aussi une préoccupation pour chacun de vous. Elle peut se dire d’une façon très simple : comment se fait-il que :
“ La politique”, l'ensemble des pratiques, des faits, des institutions et des décisions d'un gouvernement, d'un état ou d'une société ;" science du gouvernement de l'état", est devenu le lieu de tout un ensemble de crimes, de mensonges, de fautes, bref de pratiques contraires au bien vivre, à l’organisation de l’harmonie au sein de la communauté ? Il me semble qu’il ya eu une véritable subversion !

L’Europe est chrétienne, la France est la fille ainée de l’Eglise avons-nous appris de nos instituteurs français sous la coloniale, dans les lycées de France et de Navarre. À quel Dieu l’Europe s’est-elle consacrée ? Ce n’est certainement pas au Dieu de Jésus-Christ. Ce serait plutôt au dieu de la richesse. Il ya cependant une divinité à laquelle l’Europe a prétendu se consacrer ; c’est la civilisation. L’Europe a perverti le message évangélique en justifiant le pouvoir politique et l’action politique comme volonté essentiellement humaine.

Pour la raison occidentale, le Dieu judéo-chrétien affirmé comme Tout Autre absolu n’est plus la Terre. Et plus il est épuré, abstrait, caché, plus inversement l’homme se trouve dépossédé, ramené à sa dimension terrestre. Dieu inaccessible dans le ciel, trop pur, et l’homme n’a plus aucune référence. Ce n’est pas « Si Dieu est mort tout devient possible » mais : si Dieu est l’Eternel, l’homme n’a qu’à se débrouiller tout seul. C’est alors que l’homme occidental s’est évertué à revaloriser les valeurs humaines, vie sociale, la morale, la politique, etc., et à rechercher des synthèses entre Révélation et tout ce qui paraissait indispensable à l’homme pour vivre. Voilà en quelque sorte l’hypothèse qui va sous-tendre la démarche de l’Occident pour développer sa civilisation.

C’est ainsi que la « Politique » relatif à l'organisation du pouvoir dans l'État, à son exercice comme une œuvre essentiellement de l’ordre de la raison humaine. L’homme se croit implicitement autorisé à faire n’importe quoi sur ce monde sans âme, il n’y a d’autre obstacle que celui de son imagination et ceux de ses moyens. Quand ceux-ci augmentent, les utilisations illimitées du capital nature augmentent aussi, et les dilapidations. Il n’y a plus de tabou, il n’y a plus de domaine interdit, comme il n’y a plus de souci d’un équilibre entre le matériel et le spirituel. Tout peut être utilisé, tout peut être fait.

Que l’on agisse dans un sens ou un autre est en définitive équivalent, il n’y a plus que des critères d’utilité immédiate : Répondre aux désirs de la chair. Ainsi la politique va s’atteler à la gestion du quotidien ; [des désirs de la chaire : - dont le Gabonais a fait la priorité de sa vie : Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. ]


5. Bâtir la société gabonaise avec les valeurs évangéliques. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.

Les chrétiens, au Gabon, sont majoritaires. Ils occupent des postes de responsabilité à tous les niveaux. Mais ils ne pèsent pas dans la vie politique, économique et sociale de leur pays ; ils ne parviennent pas à infléchir positivement le cours des évènements de leur société. On a même l’impression qu’ils en sont les spectateurs résignés. Parce qu’ils ont peur de se salir en mettant la main à la pâte et de perdre des avantages matériels, ils laissent à d’autres le soin de gérer le pays conformément à leurs idéologies. Parce qu’ils ont peur de s’engager politiquement comme croyants, d’autres bâtissent la société sur des valeurs antiévangéliques : le mensonge, les divisions ethniques, l’injustice sous toutes ses formes, les pratiques fétichistes.

Il est temps que les chrétiens gabonais prennent au sérieux le Christ Jésus qui leur dit : « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre… ; vous êtes le levain dans la pâte ». « … Le Gabonais traverse la crise la plus grave, aux effets les plus insidieux, les plus pervers et les plus dévastateurs de son histoire. Face à cette situation, nous sommes convaincus qu’il suffira d’un groupe uni et décidé de quelques patriotes nationalistes pour créer les conditions nouvelles vers la réalisation d’une véritable Renaissance de notre nation gabonaise… Au moment où, face à l’effondrement des idéologies politiques qui nous sont venues d’ailleurs, quand notre société gabonaise s’interroge avec une réelle angoisse sur son devenir, il n’est pas possible que la seule réponse articulée soit celle du prétendu salut par l’économie de marché.

Je crois personnellement que doit intervenir dans notre processus de démocratisation et de restauration de la société gabonaise la réflexion éthique… ». Je pense, comme l’écrivait Jacques Maritain : qu’ « il faut bien que les énergies de l’Évangile passent dans la vie temporelle des hommes ; c’est ce que la Bonne Nouvelle annonce pour ouvrir le ciel et la vie éternelle demande aussi à transformer la vie des sociétés terrestres au sein même de ses misères et ses contradictions ; c’est qu’il y a dans le message évangélique des implications politiques et sociales qui doivent à tout prix se déployer dans l’histoire… ». les forces du mal, les puissances du monde des ténèbres que sont « Mammon », l’adoration du veau d’or, « Satan », la puissance accusatrice qui divise les hommes, « Diabolo », le dieu du mensonge, et ses « pouvoirs politiques » où prévalent l’orgueil et le mépris de l’homme, doivent être combattues par tout enfant de Dieu, par tout croyant qui doit savoir que son devoir est de régenter le monde et d’en jouir pour la plus grande gloire de Dieu. Le croyant a l’obligation d’accomplir en ce monde les œuvres qui glorifient le « Père …».

Pour Jacques Maritain, dans Christianisme et Démocratie : « La poussée démocratique a surgi dans l’histoire comme une manifestation temporelle de l’inspiration évangélique. » Avant d’ajouter : « Dans un important discours prononcé le 8 mai 1942, le Vice-président des États-Unis, M. Henry A. Wallace, déclarait de son côté : « L’idée de liberté dérive de la Bible et de son extraordinaire insistance sur la dignité de la personne. La démocratie est la seule expression politique véritable du christianisme. » Chateaubriand, à la fin de sa vie, avait exprimé la même pensée. Et dans son livre sur Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, Henri Bergson affirmait de même que, parce que, dans la devise républicaine, « la fraternité est l’essentiel », on doit dire que « la démocratie est d’essence évangélique. […] Car le royaume de Dieu n’est pas avare, la communion qui est son privilège surnaturel n’est pas gardée jalousement par lui, il veut qu’elle se répande et se réfracte au-dehors de son enceinte, sous les formes imparfaites et dans l’univers de conflits, de malice et de labeur amer qu’est le domaine temporel.

Là est le principe le plus profond de l’idéal démocratique, qui est le nom profane de l’idéal de chrétienté. C’est pourquoi, écrit Bergson, « la démocratie est d’essence évangélique, et elle a pour moteur l’amour ». Et il ajoute : « Mais par là même aussi il apparaît que l’idéal démocratique va à contre-pente de la nature, dont l’amour évangélique n’est pas la loi. […] La démocratie est un paradoxe et un défi adressé à la nature, à cette nature humaine ingrate et blessée dont elle évoque en même temps les aspirations originelles et les réserves de grandeur. Dans l’idéal, et - dans l’état d’âme démocratique -, on doit voir, écrit Bergson, - un grand effort en sens inverse de la nature- : ce qui ne veut pas dire un effort contraire à la nature, mais un effort pour redresser la nature, un effort lié aux développements de la raison et de la justice et qui doit s’accomplir dans l’histoire sous l’influence du ferment chrétien ; un effort demandant que la nature et l’ordre temporel soient surélevés dans leur ordre propre, dans l’ordre du mouvement de la civilisation, par l’action de ce ferment ».

Si nous considérons que la finalité de la “Politique” est :

• Réaliser le vivre ensemble, • Poursuivre le bien commun,• Maîtriser la violence ; alors, nous devons concéder que l’idée fondamentale du concept trouve son origine, dans l’Acte de la Création (Genèse 1. 26-31)
« 26. Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. 27. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. 28.Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. 29.Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. 30.Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi. 31.Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon.

Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour. »La politique n’est donc pas par essence diabolique. Comme l’humanité entière, dont elle assume la fonction de gestion, la politique a subit la perversion par la mainmise du Satan. C’est contre cette mainmise que le Chrétien doit lutter. Pour Jacques Maritain, dans Christianisme et Démocratie : « La poussée démocratique a surgi dans l’histoire comme une manifestation temporelle de l’inspiration évangélique. » Je pense, comme lui : « ... qu'il faut bien que les énergies de l'Evangile passent dans la vie temporelle des hommes ; ce que la bonne nouvelle annonce pour ouvrir le ciel et la vie éternelle demande aussi à transformer la vie des sociétés terrestres au sein même de ses misères et de ses contradictions ; c'est qu'il y a dans le message évangélique des implications politiques et sociales qui doivent à tout prix se déployer dans l'histoire »

Bien plus : « l’État est l’œuvre des hommes et l’homme est l’œuvre de Dieu »
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Mercredi 25 Janvier 2017
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