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Hantée par son débat raté, Marine Le Pen veut tout changer au Front Nationale

[Info juste 7J/7 GL9News.com - Dimanche 21 Janvier 2018 - 0 Commentaire| Lu 432 fois |

Marine Le Pen lutte pour tout changer "du sol au plafond" au Front National pour exorciser son débat "raté" et son manque de préparation lors des élections présidentielles, des cauchemars ravivés cette semaine dans des documents internes au FN publiés dans la presse et que l'AFP a pu consulter.



Marine Le Pen lutte pour tout changer "du sol au plafond" au Front National pour exorciser son débat "raté" et son manque de préparation lors des élections présidentielles, relancé cette semaine dans des documents internes au FN publiés dans la presse . Le chef de file a souhaité lundi aux journalistes, lors de ses voeux à la presse, "la liberté d'expression", "destinée à dire des choses qui pourraient éventuellement déranger".

Dans ce cas, les premières questions posées au finaliste de la présidentielle se sont concentrées sur des notes et des courriels du FN. Publié par Buzzfeed et Mediapart, ils soulignent le manque de préparation du candidat et mettent en lumière le fiasco de son match télévisé contre Emmanuel Macron entre les deux tours. Refusant de commenter les «boîtes aux lettres de fonds», Mme Le Pen a toutefois confirmé leur existence en se référant aux «documents acquis dans des conditions très douteuses».

Dans une note du 2 mai 2017, son ancien conseiller Damien Philippot-Frère de Florian, alors numéro deux, qui a quitté le parti en septembre, lui conseille de «dégrader l'image de Macron, quitte à perdre sa crédibilité, à pousser les gens en abstention ".

Le lendemain soir, devant 16,5 millions de téléspectateurs, le patron du FN, qui joue sa dernière carte, l'attaque plongeant violemment constamment son nez dans ses cartes. Damien Philippot suggère également d'utiliser le terme «anecdote». Il court mais balaie les pinceaux entre SFR et Alstom.

b ["Bons activistes, mauvais stratèges"] b

"A l'extrême droite, la part de l'impréparation est due au fait qu'ils sont de très bons militants mais pas de bons stratèges", explique l'historien spécialisé en communication politique Christian Delporte. Au FN, "nous ne luttons pas pour le pouvoir mais pour nous opposer".

Dans le débat, "tout s'est passé comme si Marine Le Pen avait découvert qu'elle avait atteint le second tour", analyse-t-il. Un ancien chargé de mission au FN, Mickaël Ehrminger, témoigne à Mediapart de «l'amateurisme» d'une campagne «sans stratégie», où «tout est décidé par la dernière personne» est entré dans le bureau du candidat.

M. Ehrminger évoque ces «luttes de clans», entre les proches de Florian Philippot et ceux de l'ancien médiateur Philippe Olivier. Marine Le Pen balaie ces mots d'un «grattoir mythomaniaque», en disant que «la campagne était si bien organisée que nous sommes arrivés au second tour».

Elle "assumait" pourtant fin juin une "erreur stratégique" dans ce débat, sans compter "un temps de préparation (...) insuffisant" et "un agenda beaucoup trop chargé", qui l'ont "noyée".

Elle a surtout engagé depuis une refondation du FN dont elle entend même changer le nom, pour en faire un parti "de gouvernement" et non plus un parti de "contestation". Mme Le Pen mène aussi de nouveau l'offensive contre le gouvernement sur les thèmes fondamentaux du FN, la sécurité et l'immigration, qui lui permettent de resserrer les rangs avant le congrès de mars et de sortir des tourments de sa campagne.

Tâche difficile

La tâche s'annonce cependant difficile. Les militants semblent valider, d'après les premiers dépouillements du questionnaire qui leur a été envoyé, la nouvelle stratégie du FN sur l'euro: ne plus présenter la question monétaire comme "prioritaire".

Mais sur le changement de nom, ils sont plus partagés, si bien que la patronne du FN dit vouloir compléter la consultation par des enquêtes qualitatives auprès des électeurs, échantillon plus large et sans doute moins conservateur que les seuls militants. Pour contourner le risque d'un désaveu au congrès, le vote sur une proposition de nouveau nom n'aura pas lieu lors de la grand-messe des adhérents mais après, par internet.

Interrogée sur le contrôle des prétendants à l'investiture aux législatives jugés sulfureux mais qui ont été finalement investis, la dirigeante frontiste assure que son parti a "effectué un travail extrêmement sérieux, précisément pour déterminer ceux qui apparaissaient devoir être écartés". Reste à savoir lesquels ont été refoulés par celle qui se targue d'avoir dédiabolisé le parti de son père, lui-même exclu en 2015 pour avoir tenu des propos polémiques sur la Shoah. Au FN, il est "difficile de trouver des candidats et de les garder", rappelle le politologue Jean-Yves Camus.

gl9news.com (Avec AFP)


Dimanche 21 Janvier 2018
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