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Gabon : Interview vérité de Guy Nzouba Ndama

l'info réelle 7J/7 - GL9News.com le Vendredi 21 Juillet 2017 à 07:48 | Lu 3047 fois

Loin des projecteurs de l’actualité et des activités politiques à cause du deuil de sa mère, Guy Nzouba Ndama a décidé, un temps soit peu, de briser le silence. Dans une interview vérité à Gabonactu.com, l’ancien président de l’Assemblée nationale brocarde le pouvoir qui use des subterfuges pour ne pas organiser des élections législatives auxquelles son parti affirme avoir pris la décision de participer. L’ancien candidat à l’élection présidentielle d’août 2016 qui avait rallié Jean Ping dont il reste un des soutiens affirme que sa posture actuelle n’est pas un désaveu pour Ping vainqueur selon lui de la présidentielle d’août 2016.



Gabonactu.com : Monsieur le président, pour une 2ème fois la Cour constitutionnelle vient de rendre une décision. Les élections législatives sont encore reportées. Quelle est la réaction de l’homme politique que vous êtes ?

Guy Nzouba Ndama : Le premier constat, c’est que le président de la République, le gouvernement continuent d’instrumentaliser la Cour constitutionnelle. La Cour constitutionnelle est instrumentalisée pour servir des desseins et du président et du gouvernement. La 2ème remarque, c’est que le cas de force majeur évoqué ne tient pas la route. Il ne tient pas la route parce que la Cour a rendu sa première décision je crois au mois de novembre 2016, le gouvernement avait tout le loisir, tout le temps d’organiser son dialogue en tenant compte des délais qui avaient été fixés par la Cour. Les choses ont trainé en longueur pour amener la Cour constitutionnelle à faire la volonté du gouvernement.

Donc je considère qu’une fois de plus on va dans le dilatoire. Voilà un pays qui se dit Etat de droit qui va fonctionner pendant plus d’un an avec une Assemblée nationale qui n’a plus de légitimité. Même si l’article 4 alinéa 4 de la constitution dit qu’en cas de force majeur, si les membres d’une institution n’ont pas été renouvelés, ils restent en fonction. Mais il y a le constat que devant la mauvaise volonté du gouvernement. Le premier cas de force majeur était qu’il n’y avait pas d’argent (rires). Le budget annuel n’avait rien prévu à propos de ces élections ? Le gouvernement savait bien qu’en fin d’année, il devrait avoir le renouvellement de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, le 2ème cas de force majeur, c’est la mise en œuvre des résolutions du dialogue. Mais le gouvernement qui est expert en matière d’ordonnance aurait pu faire passer ces résolutions par ordonnance s’il avait véritablement la volonté d’aller de l’avant.

Donc pour vous l’argument selon lequel, il faut d’abord mettre en place les résolutions du dialogue est dilatoire ?

C’est du dilatoire. Le gouvernement veut gagner du temps. Le gouvernement pense que les gabonais auront oublié d’ici là tout ce qui s’est passé à l’issue du vote du 27 août 2016. Le gouvernement compte sur l’épuisement de l’opposition pour ne pas pouvoir tenir jusqu’ en 2018. Mais je pense qu’il se trompe.

Pourtant la Cour constitutionnelle aussi a frappé le gouvernement en refusant de lui accorder le délai de 24 mois supplémentaire pour organiser ces élections. Il n’en a obtenu que 9 mois ?

Mais qu’est-ce que vous voulez. C’est pourquoi je vous dis que le gouvernement est en train d’instrumentaliser la Cour constitutionnelle. Les juges constitutionnels se rendent bien compte qu’il y a de la part du gouvernement une mauvaise volonté de ne pas toujours appliquer les dispositions légales dans les délais. L’exécutif se sert de la Cour pour justifier sa mauvaise gouvernance. C’est tout ! Donc la Cour a coupé la poire en deux en accordant au gouvernement une rallonge de 9 mois. J’espère qu’ils pourront tenir dans ces délais. Parce qu’après je vous assure que ça va être difficile de pouvoir justifier un autre report.

Si jamais en avril 2018 le gouvernement décide enfin d’organiser ces élections, les démocrates, votre parti, participeront ils ou pas à ce scrutin ?

Mais ça c’est une question dépassée. Le parti s’est prononcé depuis belle lurette. Que nous irons aux élections. Ce n’est plus un sujet tabou ou quelque chose qui soit une nouveauté. Les gabonais ont pris connaissance de la position qui est celle du parti Les Démocrates.

Pourtant vos alliés de la Coalition pour la nouvelle République entretiennent le flou ?

Ah non. Moi je vous parle au nom du parti Les Démocrates. Je ne vous parle pas de la coalition. Je ne suis pas porte-parole de la coalition. Je parle au nom du parti que je préside et notre parti a tenu récemment son conseil politique. Il a réaffirmé son autonomie en la matière, son libre arbitre. Ce qui lui permet de décider en fonction de ses intérêts. Parce que nous voulons un parti de combat, un parti qui veut conquérir le pouvoir.

Vous ne mettez pas une pression sur votre allié Jean Ping ?

Non ! non ! Il faut éviter de toujours nous ramener les débats sur ce genre de considération. Il n’y a pas de pression à exercer sur qui que ce soit. Ecoutez ! On ne crée pas un parti politique pour qu’on reste assis à la maison, qu’on attende l’arrivée les bras croisés. On crée un parti pour participer aux activités républicaines, pour participer aux activités politiques. L’une des activités républicaines, c’est participer aux élections organisées pour la circonstance. Donc il n’y a pas de pression à exercer sur qui que ce soit. C’est le point de vue de notre parti.

Pourquoi vous vous êtes déjà engagé à participer à ces élections. Etes- vous certain que la transparence qui a toujours fait défaut, cette fois-ci, vous permettra d’aller et de gagner ?

Ecoutez ! à l’issue du 27 août dernier, Jean Ping est bien sorti vainqueur des urnes avec les mêmes instruments, avec la même Cour, la même CENAP (Commission électorale nationale et permanente, ndlr) tant décriée. Bon maintenant il y a eu un coup de force qui a fait que Jean Ping ne puisse pas conquérir le pouvoir politique. Il faut dire que les gabonais étant déterminés, ils iront jusqu’au bout. Ils continueront à accorder leurs suffrages à tous ceux qui aspirent à les amener vers l’alternance.

Est-ce que les mêmes causes ne pourront pas produire les mêmes effets ?

Non il faut éviter des jugements déterministes. Je pense que l’élection présidentielle et les élections législatives ne sont pas exactement la même chose. Les élections législatives se déroulent dans chaque circonscription, donc une partie du territoire. Le soir on sait qui a gagné. Au village on sait qui a gagné. Alors que l’élection présidentielle, les gouverneurs reçoivent les instructions de Libreville pour annoncer les résultats. Nous nos résultats sont connus dans les villages ou dans les quartiers. Donc il s’agit de deux choses de nature différente.

Gabonactu.com vous remercie monsieur le président


C’est moi qui vous remercie

Vendredi 21 Juillet 2017
GL9News.com
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