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Gabon : Examen pré - mortem du système Bongo - PDG et avis de naissance de la troisième République

[Info juste 7J/7 Germain Ndouna - Vendredi 6 Janvier 2017 - 0 Commentaire| Lu 3861 fois |



Il y a des signes qui ne trompent pas.

On peut feindre de ne pas les percevoir quand ils n'annoncent rien de bon pour soi ou donner l'impression en public qu'on est serein alors qu'on en redoute les conséquences funestes avec effroi.
On peut les sentir ou les voir sans leur donner une signification particulière quand, après avoir longtemps espéré et beaucoup donné pour l'avènement d'une ère nouvelle, on est gagné par la résignation et qu'on paraît vaincu par la fatalité.

Il arrive pourtant un moment où les signes s'accumulent en un nombre et une intensité tels qu'ils sont forcément ressentis par tous nos sens, physiologiques aussi bien que spirituels.

JANVIER 2017 EST ASSURÉMENT CE MOMENT

Quiconque a été au Gabon ces dernières semaines s'est forcément rendu compte de l'atmosphère de fin de règne et d'époque qui y prévaut.

À Libreville plus particulièrement, l'impression que le calme précaire actuel qui a succédé aux violences post-électorales précède une déflagration susceptible d'intervenir à tout instant est si palpable qu'on la couperait au couteau.
Les dernières fêtes de Noël et du nouvel an sont incontestablement les plus sinistres que le pays ait connues.
Si la scène de centaines de personnes faisant le pied de grue de jour comme de nuit devant les banques et les GAB (bravant le soleil et la pluie) fait désormais partie du décor des fins de mois, la période des fêtes a offert un contraste saisissant entre les files d'attente interminables de salariés de tous les secteurs - pressés de retirer leur argent jusqu'au dernier franc - et le spectacle de magasins de jouets et d'alimentation sans l'affluence saisonnière et de restaurants désespérément vides.

Les Gabonais tout comme les ressortissants étrangers n'ont absolument pas eu le cœur à la fête.
Les premiers, rongés par l'amertume et une colère sourde difficilement contenue du fait de la barbarie dont ils ont été témoin ou victime de la part d'un pouvoir qu'ils ont vomi de façon irrémédiable, semblent attendre avec la patience d'un piège de voir leurs bourreaux payer pour tout le mal qu'ils ont fait à ce pays et à eux-mêmes.
Les seconds, en état d'hébètement et d'abattement face à une crise politique et économique qu'ils n'auraient jamais cru possible dans cet eldorado équatorial paisible s'interrogent sur leur avenir au Gabon quand ils n'ont pas encore choisi (ou été contraints) de fermer boutique et de plier bagage.
Pourtant, pas plus les commerçants et les investisseurs étrangers que le gouvernement "émergent" ne sont au bout de leur peine.

Comme pour conjurer le mauvais œil (qui a revêtu l'apparence de Jean Ping) qui le guette et dont il craint qu'il le frappe à tout moment, Ali Bongo a mis le Gabon en état de siège permanent. Les barrages et contrôles policiers et militaires ont repris de plus belle, bien qu'ils n'impressionnent ni n'intimident plus les Gabonais.

Contrairement à 2009, le salut ne viendra pas cette fois-ci de l'extérieur. Il ne viendra ni de la France, ni de l'Union européenne, ni même des monarchies du Golfe. Ces dernières qui se sont parfois montrées prodigues envers l'homme "fort" du Gabon sont elles-mêmes à court de liquidités et doivent recourir à l'endettement sur les marchés financiers. Quant à la Chine, elle est connue pour ne pas avoir beaucoup de scrupules à demander des contreparties avantageuses en nature. Ce pays assoiffé de matières premières bon marché n'est, ni plus ni moins que les puissances occidentales, enclin à mettre les sentiments avant ses intérêts. Peu importe celui qui, d'Ali Bongo ou de Jean Ping, est au pouvoir au Gabon pourvu qu'il y ait des opportunités d'affaires.

C'EST DANS CE CONTEXTE ÉLECTRIQUE ET DÉPRIMANT QUE LA CAN EST POURTANT CENSÉE SE JOUER

L'édition 2017 de cette compétition restera certainement dans les annales comme la pire de toutes en termes d'impréparation et de rejet par la population locale.

À un peu plus d'une semaine de son coup d'envoi aucune effervescence n'est observée. Les rues n'arborent pas de signes notables que le pays s'apprête à vivre un événement à caractère festif d'importance mondiale et à recevoir des milliers de visiteurs. Contrairement à l'édition 2012, les commerçants (de gadgets notamment), les restaurateurs, les hôteliers, les loueurs de véhicules, les tenanciers de bars, etc. n'espèrent pas de retombées significatives. Rien ne les motive à prendre des dispositions particulières. Les billets d'entrée au stade, bien que bradés au prix symbolique de 500 FCFA, ne trouvent pas preneurs.

Même le gouvernement ne fait pas montre d'un enthousiasme débordant. Il a préféré sous-traiter à René Ndemezoo et à d'autres figurants sous contrat la tâche périlleuse et vaine de sensibiliser les populations, sans doute pour s'épargner les quolibets de ces dernières.

Ce grand rendez-vous du football africain que ses promoteurs avaient conçu comme une occasion en or pour célébrer le deuxième mandat d'Ali Bongo et pour détourner l'attention des Gabonais de leurs problèmes quotidiens sera vécu la peur au ventre par le pouvoir en place, les instances internationales et africaines du football, les délégations et les joueurs des pays concernés et les autres parties prenantes.

Il est manifeste que ceux qui ont fait le pari de rejoindre ou de rester fidèles à Ali Bongo se sont mépris sur la nature, la profondeur et la portée de la crise qui secoue le Gabon. Bien que visiblement terrorisés, ils se rassurent encore en se disant que le temps fera son œuvre. Une erreur d'appréciation qui ne restera pas impunie.

Car, si cette crise multisectorielle et multiforme résulte assurément de la conjugaison du braquage électoral d'août 2016, de la conjoncture pétrolière internationale et des choix et modes de gestion économique et budgétaire opérés depuis l'assaut lancé en 2009 par Ali Bongo contre la république et le peuple gabonais, cette crise n'est que le stade paroxystique et terminal d'une maladie systémique congénitale vieille d'un demi-siècle.

Cette maladie se résume en quelques mots (ou maux): gouvernance économique insouciante, prédatrice, patrimoniale et désastreuse; et gouvernance politique totalitaire, autoritaire, clivante et (surtout depuis 2009) arbitraire et anti-nationale.

LA CAN 2017 EST DONC BIEN PARTIE POUR OFFRIR AU MONDE ENTIER LE SPECTACLE EN DIRECT D'UN POUVOIR À L'AGONIE

Le tableau clinique qui engage le pronostic vital du système Bongo-PDG est effectivement sans ambiguïté. Il peut se résumer en quelques points:

1) Les ressources naturelles (le pétrole plus particulièrement) autrefois surabondantes sont aujourd'hui en déclin en termes de quantité et de valeur marchande quand elles ne sont pas hypothéquées.
Ce sont ces ressources qui avaient permis d'acheter la paix civile (au moyen de quelques transferts sociaux, d'ailleurs inéquitables et distillés par doses homéopathiques, et d'infrastructures minimalistes et souvent en trompe-l'œil), de s'assurer la connivence, la complicité, la complaisance, le silence ou la collaboration et le soutien des élites nationales (classe politique, intellectuelle et d'affaires, société civile, cercles ésotériques, confessions religieuses), de la communauté internationale et de relais extérieurs (notamment la France officielle et officieuse) et de financer la propagande (dans les médias nationaux et internationaux) qui a servi à couvrir un des crimes économiques les plus abominables et les plus longs du monde contemporain.

Sans la corruption généralisée, le népotisme, la politique de clientélisme et de prébendes à base tribale pompeusement appelée "géopolitique", les réseaux mafieux internes et externes et la violence d'Etat (symbolique et physique), que seules des ressources quasi illimitées rendent possibles, même la sagesse et la roublardise que l'on prête à Omar Bongo son père et fondateur officiel n'auraient pas suffi pour assurer la longévité et l'efficacité relatives du système Bongo-PDG.

Or, la situation actuelle, qui est caractérisée par un assèchement inexorable des caisses de l'Etat sans possibilité d'une inversion de la tendance à court terme, deviendra bientôt cauchemardesque lorsque l'imparable Plan d'ajustement structurel entrera en jeu.

D'ici peu, ce qui reste de ce pouvoir se retrouvera pris dans un cercle vicieux infernal : baisse de la production et des recettes pétrolières - fermetures d'entreprises - diminution des recettes fiscales - chômage - baisse de la consommation - endettement auprès de bailleurs de plus en plus rares mais à des taux de plus en plus élevés et à des conditions de plus en plus restrictives (notamment pour rembourser de précédentes dettes et pour boucler le budget) - réductions drastiques des dépenses publiques (santé, éducation, énergie et eau, forces de défense, pensions de retraite, etc.) - dégradation des conditions de vie, voire appauvrissement des populations - contestations sociales, exacerbation de la colère des Gabonais notamment des jeunes accompagnées d'émeutes - paralysie de l'appareil productif privé et de l'Etat - fermetures d'entreprises et bis repetita.

Face à des problèmes aussi nombreux qu'insolubles, le gouvernement "émergent" et la flopée d'agences pilotées depuis la présidence sont démunis et totalement impuissants. Même les Danaïdes de la mythologie grecque condamnées à éternellement remplir un tonneau troué aux enfers trouveraient leur sort plus enviable.
2) Le PDG n'est plus que l'ombre du parti des masses qu'il était jusqu'en 2009. Ayant perdu la province de l'Ogooué-Lolo, il repose désormais sur un seul pied (d'ailleurs estropié): le Haut-Ogooué. Il ressemble à une cathédrale hantée par les fantômes et divisée en chapelles antagoniques dont les "fidèles" ont perdu la foi.

Même la "chapelle émergente" qui contrôle le pouvoir d'Etat et les cordons de la bourse n'est plus un monolithe. Depuis août 2016, elle est en proie à des dissensions, à des intrigues de palais et maintenant à une purge.
Les "hommes" d'Acrombessi, de qui Ali Bongo croyait tenir son pouvoir jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que l'armée et les mercenaires sont des forces plus efficaces que le Vaudou, font l'objet d'une chasse à courre y compris par des personnages ne tenant aucune charge ni au sein de l'appareil étatique ni au PDG. Naturellement, si l'ancien gourou et grand manitou du régime n'a pas pu sauver son propre père de la mort ni s'éviter un AVC, il ne pourra rien faire pour eux. Ni d'ailleurs pour Ali Bongo.

3) La famille Bongo Ondimba n'est pas en reste. La fratrie du même nom ayant été atomisée par l'appétit gargantuesque de pouvoir et d'argent et la rancune de leur frère de président. Elle est aujourd'hui éparpillée aux quatre coins de la planète. Certains de ses membres ont été contraints à l'exil. Il est peu probable que ceux-là aient adressé à Ali Bongo des vœux de longévité (au pouvoir).

4) La France - l'ombre du Gabon selon la formule de François Gaulme* - n'est plus l'alliée indéfectible et la principale caution des Bongo. Même s'il subsiste quelques réminiscences de la Françafrique, l'état économique général calamiteux du Gabon et les niveaux d'impopularité stratosphériques d'Ali Bongo semblent avoir convaincu les classes politique et d'affaires de l'hexagone que l'alternance au pouvoir dans cet ancien joyau du pré-carré ne peut pas faire plus de mal à leur intérêt. La récente visite d'Etat en Chine d'Ali Bongo est une indication éloquente que celui-ci a parfaitement intégré que le divorce est consommé.

5) Le peuple gabonais n'a jamais autant exprimé sa soif d'alternance ni autant fait montre de patriotisme et d'unité nationale que depuis août 2016. Comme en attestent la composition de l'équipe qui entoure Jean Ping, les manifestations de la diaspora (notamment en France) et les interactions sur les réseaux sociaux, les Gabonais placent désormais leur loyauté envers la nation avant leur appartenance ethno-tribale.

6) Chose inédite dans l'histoire du multipartisme au Gabon, l'opposition est unie, mieux structurée et plus déterminée. Elle compte de loin plus de figures d'envergure que le pouvoir.

7) Les réseaux sociaux ont supplanté les médias audiovisuels traditionnels en tant que pourvoyeurs d'informations et de sens pour les Gabonais, en particulier les jeunes qui représentent la majorité de la population. Comme ailleurs sur le continent, ils se sont avérés comme une arme redoutable contre la fraude électorale et un outil au service de la démocratie et de l'état de droit.

AINSI, POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS L'HISTOIRE DU GABON LES ASTRES SONT PARFAITEMENT ALIGNÉS POUR L'AVÈNEMENT DE L'ALTERNANCE ET D'UNE NOUVELLE RÉPUBLIQUE

Germain Ndouna
6 janvier 2017

Vendredi 6 Janvier 2017
Germain Ndouna
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