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France - Primaire UMP : Alain Juppé ou la stratégie de la tortue

[Info juste 7J/7 GL9News.com - Dimanche 24 Mai 2015 - 0 Commentaire| Lu 798 fois |

« Jupppé, c'est Balladur. On sait ce que ça donne ! » grince Nicolas Sarkozy. L'ancien président n'est pas seul à penser que les sondages canons de son rival sont son talon d'Achille. « Il ne peut que se casser la gueule », constate un pilier de l'UMP.



« Il est prisonnier des sondages. Ils sont tellement hauts qu'il ne bouge plus une oreille ! » raille un ancien ministre. C'est bien ce qui tracasse certains soutiens du maire de Bordeaux, qui s'inquiètent de le voir s'assoupir sur son matelas sondagier et le pressent de passer à l'assaut contre le bulldozer Sarkozy. « Plus il attend, plus ce sera difficile », maugrée l'un. Qu'ils se rassurent : Juppé est déterminé. « Je n'ai rien à perdre ! » répète-t-il en petit comité. Plus roué qu'on le croit, celui qui a fait ses classes auprès de Jacques Chirac, grand requin de la politique, sait que la primaire est une course de fond. « Il ferait une connerie absolue en sortant du bois !

Son seul problème, cette année, c'est de passer à travers les gouttes jusqu'aux régionales. La primaire commencera après », tranche un vieux copain. Le maire de Bordeaux maîtrise donc son tempo. Son programme pour 2015 ? Continuer à labourer le terrain, à la Chirac, après une quinzaine de déplacements depuis janvier. Il compte aussi déployer son projet en publiant quatre livres, dont le premier, fin août, sur l'éducation. Avec en point d'orgue un ouvrage plus « perso », en septembre 2016, peu avant la primaire.

Tiendra-t-il tout ce temps sans tomber dans le piège de Sarkozy ? Le patron de l'UMP, qui joue au rassembleur, n'attend qu'une chose : qu'il craque et l'attaque. L'ancien Premier ministre n'a-t-il pas dérapé il y a peu ? A un étudiant qui lui demandait comment il baptiserait son chien s'il accédait à l'Elysée, l'homme de Bordeaux a répondu : « Je ne sais pas... Nico ? » « C'est un jeu dangereux, il apparaît parfois comme le diviseur », met en garde l'un de ses anciens conseillers.

Entre Sarkozy et Juppé, le match n'a pas commencé. Mais il affleure sous les perfidies que les deux hommes échangent par médias interposés. « Puis-je rêver d'un meilleur rival ? Il me fait passer pour jeune ! » raille Sarkozy, qui se plaît à répéter que son challenger aura 71 ans en mai 2017 et pense n'en faire « qu'une bouchée ». Réplique, acide, de Juppé : « Il risque de s'empoisonner ! » Les affaires sont aussi le terrain d'une lutte féroce. Les juppéistes cachent à peine qu'ils comptent sur la justice pour dynamiter l'ancien président, que Juppé compare parfois à... Berlusconi ! « Moi, je n'ai jamais été condamné ! » réplique le président de l'UMP, en allusion au procès de Juppé en 2004 pour les emplois fictifs de la mairie de Paris. Ambiance.

L'autre danger qui guette Juppé, c'est de réveiller le souvenir du Premier ministre rigide et hautain de 1995. Les plus acerbes sur le sujet, ce sont les chiraquiens. François Baroin, qui soutient Sarkozy, le surnomme... « Fais-moi une note ! » Bernadette Chirac le déteste. « Le plus mauvais service que Chirac lui ait rendu, c'est de dire qu'il était le meilleur d'entre nous. Il l'a cru ! » canarde une ex-ministre. Mais Jacques Chirac fera tout pour lui. Le vieux patriarche est même prêt « à venir coller des enveloppes ». « Juppé ne changera pas. Ce n'est pas un gars avec qui on a envie de partir en vacances. Mais est-ce qu'on tapait sur les cuisses de De Gaulle ? » sourit Hervé Gaymard, pilier de la petite task force du candidat, convaincu que les Français plébisciteront son côté rassurant et père de la Nation.

Depuis sept mois, la « Juppé team » a installé son QG rue de l'Université, près de l'Assemblée. Ces locaux de 120 m2 sont à l'image du locataire, austères. Un détail révélateur attire pourtant l'attention. Dans son bureau, Juppé a posé en évidence son trophée d'« homme politique de l'année », remis en 2014 par le magazine « GQ ». C'est là qu'il tient chaque mercredi son conseil stratégique. Autour de la table, son conseiller politique, Gilles Boyer, les députés Benoist Apparu, Hervé Gaymard et Edouard Philippe. Et une poignée de femmes comme Christine Albanel, Virginie Calmels (ex-patronne d'Endemol) et Marie Guevenoux, qui gère la collecte des fonds, nerf de la guerre. Juppé entend lever plus d'un million d'euros d'ici fin 2016 ! D'où ses récentes visites à New York et à Londres.

Le candidat sait bien que ne pas avoir les clés de l'UMP est un handicap. D'autant que c'est le parti qui préparera la primaire, dont il exige qu'elle soit la plus ouverte possible. François Bayrou, qui le soutient, s'avoue sceptique : « Ce sera difficile. » Sacré défi, donc. Un juppéiste résume l'équation : « A 1,5 million de votants, il n'a aucune chance. A 4 millions, il gagne. Et à 2-3 millions, c'est jouable ! »

Dimanche 24 Mai 2015
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