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Discours de Francois Hollande aux chefs d'Etats africains

[Info juste 7J/7 GL9News.com - Samedi 7 Décembre 2013 - 6 Commentaires| Lu 1164 fois |



Palais de l’Elysée – Vendredi 6 décembre 2013

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Monsieur le Président du Conseil européen,
Monsieur le Président de l’Union africaine,
Monsieur le Président de la Commission européenne,
Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine,
Messieurs les chefs d’Etat, chefs de Gouvernement
Mesdames, Messieurs les ministres
Chers amis,

53 pays africains sont représentés aujourd’hui pour cette rencontre. Votre présence confirme
l’importance que vous accordez aux enjeux de ce Sommet : la sécurité, le développement, la
préservation de la planète.

La France s’honore de vous accueillir et je vous exprime ma gratitude pour ce rassemblement.
L’Afrique, pour la France, est un continent d’avenir. L’Afrique est aujourd’hui, avec l’Asie,
le principal moteur de la croissance mondiale. L’Afrique vit une transformation rapide de ses
structures économiques et sociales. L’Afrique est pleinement engagée dans son
développement.

La France a une relation particulière avec l’Afrique. Elle tient à l’Histoire, une histoire parfois
tragique. Elle tient surtout aux liens humains qui se sont tissés de génération en génération ;
des Français qui vivent sur votre sol, en Afrique, mais aussi des Africains qui sont venus,
vivre en France. Je considère que ces présences représentent des atouts pour nos échanges,
une chance pour nos économies, une opportunité pour les relations que la France doit nouer
avec toute l’Afrique, avec l’Afrique francophone sûrement, avec l’Afrique anglophone,
lusophone, arabophone, hispanophone, avec toute l’Afrique.

La France est consciente de ce qui est attendu d’elle. Elle déduit de cette proximité – à la fois
géographique, sentimentale, culturelle, linguistique, économique –, elle déduit de cette
proximité une responsabilité particulière.

Mais les temps ont changé. Les rapports ne peuvent plus être ce qu’ils avaient pu être dans le
passé. J’ai plusieurs fois exprimé, partout où je suis allé en Afrique, qu’une période nouvelle
s’ouvrait, que l’Afrique devait maîtriser pleinement son destin et, pour y parvenir, assurer par
elle-même sa sécurité – je dis bien « par elle-même » sa sécurité. Cette phrase pourra
surprendre à un moment où la France est appelée à intervenir dans un pays, la Centrafrique, à
la suite d’une résolution du Conseil de sécurité, à la demande de l’Union africaine.

Oui, la phrase pourra surprendre. Elle est en fait révélatrice d’une situation. L’Afrique a été
capable de se doter de capacités d’action. Elle l’a montré dans le passé, il y a quelques années,
au Burundi, aux Comores, encore aujourd’hui en Somalie pour lutter contre les Shebabs avec
une force qui compte plus de 20 000 militaires. L’Afrique a été capable de démontrer aussi
qu’elle pouvait maintenir la paix en République démocratique du Congo, comme au Mali et,
encore aujourd’hui, en Centrafrique, où une force africaine a reçu mandat des Nations Unies.
En même temps, chacun sait qu’il y a des insuffisances, des manquements, des fragilités et
qu’il y a une nécessité – et c’est celle-là que nous devons regarder en face – de préparer les
forces africaines à répondre à toutes les menaces et à pouvoir se doter, dans leurs
organisations régionales ou au niveau de l’Union africaine, des moyens indispensables pour
assurer la sécurité des Africains.

Cette situation concerne d’abord votre continent, l’Afrique, mais également le nôtre l’Europe.
Parce que nos deux continents forment un ensemble commun soumis aux mêmes menaces,
confronté aux mêmes dangers. Nos deux continents, qui veulent encore se rapprocher, doivent
donc être ensemble pour conjurer ces risques et dominer ces menaces.

Quelles sont-elles ces menaces ? Le terrorisme d’abord. Nous l’affrontons au Sahel et encore
récemment au Mali. Mais nous l’affrontons et le combattons aussi en Somalie, au Kenya, en
Libye. Ce ne sont pas toujours les mêmes groupes. Mais ils ont le même visage – celui de
l’extrémisme – et les mêmes intentions : déstabiliser les Etats, effrayer les populations et
même conquérir des territoires. Ces groupes disposent désormais de moyens considérables,
venus de tous les trafics, ont accès à des armes de grande sophistication, que même des Etats
souverains ne parviennent pas à acquérir…

Voilà pourquoi la France propose un nouveau partenariat sur le plan de la coopération
militaire, avec des priorités – le conseil, la formation, l’équipement, le renseignement – pour
que les armées africaines puissent être dotées de tous les moyens leur permettant de faire face.
L’Europe, je le sais, sera au rendez-vous pour montrer, non seulement sa solidarité à l’égard
du continent ami, mais également une responsabilité dans la mise en commun de moyens et
de forces.

Il n’y a pas que le terrorisme. J’évoquais des trafics, des trafics de toutes sortes : trafics de
drogue, trafics d’armes, trafics d’êtres humains, trafics également des espèces protégées, de
l’ivoire que l’on prend sur les éléphants au risque de mettre en cause la biodiversité… Cette
lutte contre tous ces trafiquants doit être implacable, parce qu’il y a un lien entre ces trafics et
le terrorisme et avec des groupes rebelles qui déstabilisent des Etats. C’est pourquoi je
plaiderai au nom de la France, au G8, pour qu’une réunion des chefs d’Etats, soit consacrée
spécifiquement à la lutte contre le trafic de drogue.

Enfin, il y a un autre danger. On le voit monter ces dernières années, c’est la piraterie. Elle est
présente à l’Ouest comme à l’Est de l’Afrique. L’Union africaine, je le sais, a décidé de
définir une stratégie maritime intégrée. C’est une bonne approche et elle complète les plans
d’actions qui ont été élaborés par des organisations régionales, comme la CEDEAO et le
CEEAC. C’était en juin dernier. Là aussi, je vous l’annonce, la France soutiendra tous vos
efforts et elle est prête à constituer une structure commune pour coordonner vos actions en
mer.

Mais au-delà de ces réponses, aussi nécessaires soient-elles, nous sommes conscients qu’elles
ne pourront pas suffire. Quel est l’objectif que nous devons porter, porter ensemble ? C’est la
constitution d’une force de réaction rapide, sous l’égide de l’Union africaine. Ce projet, exige
des moyens de commandement et de renseignement, il suppose que les unités de diverses
nationalités qui composeront cette force, puissent intervenir ensemble.

C’est la responsabilité des Africains. Mais j’annonce là-encore que la France est disposée à
apporter tout son concours à cette force par la mise à disposition de cadres militaires, auprès
de ses Etats-majors, et par les actions de formation. La France peut entraîner chaque année, si
vous en décidez, 20 000 soldats africains.

La sécurité, c’est donc une organisation, c’est une force. Mais notre Sommet ne peut pas se
limiter à cette conception-là de la sécurité, car nous le savons, la sécurité, c’est aussi le
développement – ou plutôt, le développement, c’est la sécurité. Les deux ambitions et
exigences se rejoignent.

La France veut être, sur cette question du développement, partenaire de l’Afrique. Je rappelle
que la France est le pays qui investit le plus, par ses entreprises, en Afrique ; que la France est
l’un des principaux pourvoyeurs d’aide publique au développement en Afrique ; que la France
est la première terre d’accueil des étudiants africains.

Mais la France, avec l’Europe, souhaite être davantage encore associée au destin de votre
continent. C’est pourquoi, j’ai facilité la mobilité des talents et des entrepreneurs africains
pour qu’ils puissent venir en France et que les visas ne soient pas qu’une contrainte mais, au
contraire, regardés comme une chance supplémentaire de pouvoir échanger et créer.
Avant-hier, dans un colloque qui se tenait en parallèle à l’évènement d’aujourd’hui qui portait
sur l’économie, avec cette pleine conscience qu’avaient tous les participants que l’économie
de demain allait beaucoup dépendre de la vigueur, du dynamisme des entreprises africaines,
j’ai dit que la France pouvait participer à une fondation franco-africaine pour la croissance.
Celle-ci pourrait mobiliser des intérêts privés et des intérêts publics, des capitaux français,
africains et européens pour nous tourner, ensemble, à travers cette fondation, vers l’innovation
et les nouvelles technologies. L’objectif que j’ai fixé, c’est de doubler en cinq ans le niveau
des échanges commerciaux entre la France et le continent africain.

Mais j’ai aussi mesuré qu’il y avait encore une attente à l’égard de la France, à l’égard de
l’Europe, pour ce que nous pouvons faire davantage encore pour le développement. Aussi, aije
décidé de consacrer 20 milliards d’euros, au cours des cinq prochaines années, en dons et
en prêts, au développement de l’Afrique. Parce que je considère que l’Afrique est la nouvelle
frontière du monde. Celle qui permettra d’élargir encore le champ de la connaissance, du
savoir, de l’émancipation et aussi d’une prospérité qui attend, depuis trop longtemps, de faire
valoir ses droits en Afrique.

Mais l’engagement qui est le mien, l’engagement de la France, appelle aussi d’autres
engagements venant de l’Afrique, et notamment des exigences de transparence et de bonne
gouvernance. Chacun le sait ici. Ce sont les Etats qui garantissent le mieux les libertés – les
libertés publiques comme les libertés économiques – qui attirent le plus l’investissement.
C’est la démocratie, ce sont les droits de l’Homme qui constituent les meilleures armes pour
la stabilité et la sécurité. Ils ne suffisent pas, mais ils sont aussi un moyen de répondre au
désordre et également à l’inspiration des peuples.

Depuis plusieurs années, le processus d’élections pluralistes en Afrique est devenu celui qui
s’impose. Je le dis ici avec sincérité et franchise. C’est le seul possible. Il est irréversible et la
France ne pourra pas admettre des régressions ou des manquements.

De la même manière, les crimes les plus graves qui sont commis en Afrique, et il y en a. Je
pense aux violences faites aux femmes, au crime organisé, à l’écrasement d’un certain nombre
de peuples. Oui, il est légitime que les coupables puissent être jugés. Il y a une Cour pénale
internationale, c’est son rôle, pour se prononcer sur de tels actes lorsque les justices nationales
n’ont pas la capacité de le faire. Il faut faire confiance à la justice internationale.

La paix, le développement c’est aussi la préservation de la planète. La responsabilité est
d’abord celle des pays développés. Ce sont eux qui ont absorbé et capté les ressources des
pays africains pendant des années. Mais aujourd’hui cette responsabilité nous est commune,
car nous voyons, vous voyez, les risques du changement climatique : la désertification qui
progresse, la déforestation, le manque d’eau, les risques pour la biodiversité. J’évoquerai aussi
la disparition des espèces protégées.

Il y a urgence, urgence pour l’environnement et aussi pour la sécurité, car quand il y a des
désordres climatiques, c’est aussi un facteur qui permet à des groupes d’utiliser la pauvreté, la
misère, le désarroi, pour essayer de faire prévaloir leurs intérêts. La France, là encore, a
considéré qu’une partie de son aide devait être affectée aux objectifs de développement
durable. 1 milliard d’euros par an seront dédiés, par l’Agence française du développement, à
ces projets.

De la même façon, en Europe, plusieurs pays, au moins treize, ont créé une taxe sur les
transactions financières. Elle va être mise en oeuvre dans les prochains mois. Une partie de
cette taxe pourrait être affectée au Fonds vert pour le climat et être, ainsi, un exemple pour
d’autres pays, pour que nous puissions participer, tous, aux efforts indispensables pour
préserver notre planète.

Voilà, mes chers amis, ce que j’étais venu, ici, dire en introduction de notre Sommet. Traiter
toutes les conditions de la paix, pas simplement la sécurité, mais aussi le développement,
l’environnement, la préservation de la planète.

Mais j’aurais voulu ne parler que de paix, quand les évènements, là aussi, s’accélèrent à la
veille-même de ce Sommet. Aujourd’hui, au coeur de l’Afrique, un peuple est en souffrance. Il
nous appelle. C’est la Centrafrique. Nous ne pouvons plus laisser les massacres se perpétrer,
des femmes et des enfants être violentés, des exactions être commises, y compris dans des
hôpitaux.

Des conflits inter-religieux peuvent dégénérer et installer, dans cette Afrique
centrale, des comportements et des phénomènes qui, pour l’instant, n’avaient pas leur place.
Le Conseil de sécurité, et je salue ici le Secrétaire général des Nations Unies, BAN Ki-moon,
vient de donner mandat à une force africaine pour rétablir l’ordre, protéger la population et
assurer la stabilité pouvant conduire, ensuite, à des élections. Je dis bien à des élections, car
tout processus doit conduire à des élections. Il n’y a pas de pays qui ne pourrait pas avoir lui
aussi droit à pouvoir choisir ses dirigeants.

La France a décidé d’appuyer cette force africaine. Elle est intervenue, dès hier soir, parce que
j’ai voulu, avant même notre Sommet et alors même qu’il y avait péril, qu’il n’y ait pas de
doute sur les intentions de la France, aux côtés des Africains, soutenus par les Européens,
dans le cadre d’un mandat du Conseil de sécurité. Cet engagement n’est pas simplement
sécuritaire. Il doit être humanitaire parce que c’est aussi notre devoir.

Chers amis,

Le Sommet d’aujourd’hui, à tous égards, est exceptionnel. Il est exceptionnel parce que nous
nous réunissons au lendemain de la mort de Nelson MANDELA, cette figure qui nous
rappelle à la fois l’émotion qui a été la nôtre lorsqu’il est sorti de prison et qu’il a accédé au
pouvoir ; et aussi l’obligation qui doit être la nôtre de poursuivre le message de paix qu’il
nous a délivré et de ne laisser aucun peuple dans la soumission, l’oppression, la domination.
Notre Sommet est exceptionnel, par les sujets qui sont abordés – la paix notamment – et
exceptionnel par votre participation. Toute l’Afrique est présente aujourd’hui, toute
l’Afrique ! Avec sa diversité, avec ses multiples langues, avec ses développements parfois
différents mais avec cette même ambition, d’être un continent uni, un continent fier, un
continent solidaire.

Alors, puisque notre Sommet est exceptionnel par ce contexte, par ces sujets, par l’ampleur du
rassemblement avec la présence de l’Union africaine et de l’Union européenne, il faut que
notre décision soit également exceptionnelle. C’est la raison pour laquelle j’appelle à une
alliance exceptionnelle entre l’Afrique et l’Europe au service de la paix, du développement, et
de l’avenir de la planète.

Merci !


Samedi 7 Décembre 2013
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1.Posté par dahniel le 07/12/2013 11:31 | Alerter
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Sauf qu'il ne parle jamais du CFA dernier vestige colonial qui étrangle plus de la moitié du continent

2.Posté par Monefang le 07/12/2013 21:25 | Alerter
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L'Afrique a plutôt besoin du savoir faire technique en matière d'armement et bien dans d'autre domaine nécessitant de la technologie pour l'épanouissement et la sécurité de l'homme Africain. Dire le contraire à cela, c'est de continuer à maintenir l'Afrique sous le joug colonial.

3.Posté par Gabao.kool le 07/12/2013 22:07 (depuis mobile) | Alerter
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Hollande FUCK YOU et ton pays de merde la France. L'Afrique n''est pas une propriété Française pour faire de votre PAYS DE FRAUDE son centre d'intelligence. Vous ruinez et dégradez l'Afrique en faisant recours à de fauses politiques d'aide et soutien.

4.Posté par Gabao.kool le 07/12/2013 22:08 (depuis mobile) | Alerter
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Hollande FUCK YOU et ton pays de merde la France. L''Afrique n''''est pas une propriété Française pour faire de votre PAYS DE FRAUDE son centre d''intelligence. Vous ruinez et dégradez l''Afrique en faisant recours à de fauses politiques d''aide et soutien.

5.Posté par UB90 le 08/12/2013 21:08 | Alerter
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GABAOKOOL le message de François Hollande est juste la vérité est réel car certains Présidents Africain sont la cause d invasions de terroristes taliban islamiste narco proxenetes esclavagistes la réalité est vivante la France aide l'afrique , IL est temps de coupé la route des pirates de la démocratie des putchistes des anti changement de régime et revenir à une Afrique nouvelle,

SI LA FRANCE NE VIENS PAS EN AIDE AU MALI AU NORD DU NIGERIA AU CENTRE AFRIQUE LES CARTES DE NOTRE CONTINENT SE VERONS TRANSFORMER PAR DE NOUVELLES PUISSANCES COLONIAL RELIGIEUSE SI BANGUI TOMBE C' EST SOUS REGION QUI TOMBE ET LA MENACE VA D' EST EN OUEST AVEC LA TENTATIVE DE FAIRE TOMBER LE SOUDAN DU SUD DE NOUVEAU AU MAINS DES ? SUIVEZ LE REGARD QUI TROUBLE VRAIMENT LE CONTINENT AFRICAIN C'EST PAS LA FRANCE JUSTE DES PAYS PROCHES QUI PENSENT COLONISE AVEC LA RELIGION

6.Posté par 3ekale le 09/12/2013 09:59 (depuis mobile) | Alerter
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Kan esk les africains eux_meme vont ecrire leur propre Histoire avait dit Sarko??? Pffffffff...povre peuple noir...le coeur noir tout est noir noir noir afrik zero...No futur...

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