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Brexit : les Anglais vont-ils s'inspirer de la Suisse ou du Canada ?

[Info juste 7J/7 GL9News.com - Dimanche 31 Décembre 2017 - 0 Commentaire| Lu 529 fois |

Le Conseil européen a entériné l’ouverture de négociations commerciales avec Londres. Reste à savoir quel modèle sera retenu : suisse, norvégien ou canadien ?



A Noël, cela faisait exactement dix-huit mois que les Britanniques se sont prononcés en faveur du Brexit. Et, avec la nouvelle année, ils vont pouvoir se lancer dans la seconde étape de la séparation d’avec Bruxelles. Ainsi en ont décidé le 15 décembre les 27 chefs d’Etat et de gouvernement réunis en Conseil européen. Les conditions d’un divorce à l’amiable ayant été définies la semaine précédente (réglant sur le principe la question des expatriés, de la frontière de l’Irlande et de la note du divorce), les parties sont passées à la phase 2 des discussions : celles sur les relations futures, en particulier les relations commerciales, cruciales pour l’avenir du Royaume-Uni.

Que va-t-il se passer maintenant ? A plusieurs reprises, la Première ministre Theresa May a plaidé pour « une solution créative », tandis que son ministre du Brexit, David Davis, en appelait à faire preuve d’« imagination ». Le négociateur en chef pour l’Europe, Michel Barnier, lui, a rétorqué : « C’est juridique, c’est mécanique. » Concrètement, le Royaume-Uni va continuer ses pourparlers, sans doute au-delà de la date officielle de mars 2019, avec, comme le souhaite Theresa May, une période transitoire de deux à trois ans, où le pays devra respecter les règles de l’Union mais ne pourra plus rien décider.

En partant, il abandonnera les 750 traités internationaux auxquels il s’était lié au fil des quarante-quatre ans de son adhésion à l’Union européenne. Un eurocrate détaille : « Les modalités des relations futures seront fixées dans un accord séparé, qui portera sur des domaines aussi variés que la défense, l’environnement, la recherche et le commerce. »

Résultat, le fameux « Trade (commerce) Deal », fait désormais les gros titres de la presse outre-Manche, tant les enjeux sont cruciaux. Car il touche des points aussi sensibles que les tarifs douaniers, les normes sur les produits et le système de règlement des différends. Un deal oui, mais basé sur quel type de lien ? Quel degré de contrainte et quel coût pour Londres ? Quel modèle d’accord commercial suivre ? Il y a quelques mois, la BBC en a listé une demi-douzaine, des plus lâches aux plus exigeants. Histoire de répondre à la surenchère des Brexiters, qui passent en revue les options, sans toujours en mesurer l’impact.

Ainsi, fin novembre, le député conservateur Owen Paterson enjoignait-il son pays à évoluer à la singapourienne, vers le « Low Tax, Low Spend, Low Regulation » ( faible imposition, dépenses, régulation). Mais la Grande-Bretagne risquerait alors de se ruiner, en payant des droits de douane exorbitants, et d’y perdre son âme. Professeur à la London School of Economics, Iain Begg pointe : « Le modèle de Singapour, place off-shore dérégulée, impliquerait aussi de démanteler l’Etat-providence, ce que la population n’a pas demandé en votant le Brexit. »

Passeport européen, la clé

Faut-il alors, comme la Suisse, privilégier des accords bilatéraux plus favorables ? Les Helvètes en ont signé plus d’une centaine avec l’Union. Non seulement cela a pris des années, mais autre bémol de taille, les services financiers ne sont pas concernés. Or, pour la City, le passeport européen, qui permet à une banque une fois installée dans un pays d’avoir accès à tous les autres, est un sésame.

Le Royaume- Uni doit-il, du coup, rejoindre l’Espace économique européen, et ainsi avoir accès au marché unique, au fameux passeport et aux 500 millions de consommateurs, à l’instar de la Norvège ? Mais celle-ci paie beaucoup à l’Union, décide peu et accepte la libre circulation des travailleurs, dont Londres ne veut pas. Professeur à l’Université d’Oslo, Erik Eriksen avertit : « Nous avons renoncé à une partie de notre souveraineté sans recevoir en retour la forme de codétermination qu’une adhésion à l’Union européenne nous aurait conférée. »

Si James McCormack, directeur général de Fitch Rating, estime que « toutes les options restent sur la table », c’est désormais le modèle canadien, moins exigeant, qui prévaut. Les tabloïds le qualifient même de « Best Formula » (The Sun) et d’« easy » (The Express). Directeur des études à la fondation Robert Schuman, Thierry Chopin détaille : « On pourrait arriver à un accord similaire à celui signé avec Ottawa, sans rien de substantiel sur les services financiers, mais avec un large libre-échange pour les marchandises, si le Royaume-Uni continue à suivre les standards et normes de l’Europe, le tout assorti d’une série d’accords sur la sécurité extérieure et intérieure. » Limites de la solution, outre le rôle subsidiaire de la finance : Ottawa a négocié pendant sept ans et l’accord fait 1 500 pages !

Pas découragé et toujours inventif, David Davis a plaidé mi-décembre pour un « deal Canada plus, plus, plus ». Avec trois « plus » pour satisfaire la City. Michel Barnier a tôt fait de freiner son enthousiasme : « Il ne sera pas possible pour un Etat tiers d’avoir en même temps les bénéfices du modèle norvégien et les faibles contraintes du modèle canadien. » Bref, pas de régime à la carte. En bon franglais de Bruxelles, on dit « pas de Cherry Picking » (on ne picore pas).

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Dimanche 31 Décembre 2017
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